La cartographie individuelle et ses limites

l’interface de cartographie « GRAPHITE » permet aux jeunes de localiser leurs domiciles, leurs espaces de vie quotidienne (déplacements, activités de loisirs) et d’évaluer les lieux jugés attractifs, répulsifs ou à aménager.  Ci-dessous, la carte « brute » des 2000 points identifiés par les élèves comme « ayant besoin d’aménagements » souligne leur connaissance fine de leurs territoires de proximité.

En cliquant sur les marqueurs, on peut  lire les commentaires des jeunes, concernant notamment les transports, l’aménagement d’espaces publics ou ceux d’équipements sportifs de proximité qui sont leurs 3 priorités. Ils attirent l’attention sur nombre de lieux d’intervention déjà retenus par la Politique de la ville,  tout autant que de « micro lieux » du quotidien, parfois méconnus  et pour lesquels les jeunes sont des suggestions à apporter. Mais cette cartographie réalisée individuellement et au démarrage de l’année de projet a aussi ses limites : elle intègre des lieux n’ayant que peu d’intérêt général, assortis de certaines remarques « égo-centrées », consuméristes ou exclusivistes…

La démarche GRAPHITE tire parti de cette dérive individualiste de l’approche participative « brute »,  bien connue dans les enquêtes publiques menées pour les projets urbains. La compilation des cartographies individuelles, anonymisées, est visualisée en classe et commentée en groupes. Elle sert ainsi de point de départ à une démarche de réflexion collective et critique, encadrée techniquement par les enseignants et soumise à validation par les pairs.  Cette méthode permet d’aboutir à l’identification commune de lieux de besoins sociaux urbains, leur hiérarchisation, le choix de lieux de projet, l’élaboration de portraits  de territoires et micro-projets d’urbanisme qui soient véritablement « citoyens ».